22.11.2008
Là où la mouche m'emmène

Est-ce cette mouche auvergnate qui m'a piqué? Est-ce mon âge qui avance? Est-ce la sagesse qui pointe le bout de son nez?
Mon angoisse laisse de plus en plus souvent la place à la sérénité, au bonheur, à l'envie. C'est formidable pour moi, hein... Mais qu'est-ce que c'est chiant de lire un blogueur heureux!
Je lutte pourtant pour entrer dans une dépression profonde qui pourrait me permettre de vous faire profiter à nouveau de mes cris du coeur et de cette lassitude si rassurante pour le lecteur qui découvre avec délectation qu'il y a "pire que soi"... Si si, ne mentez pas, je fais pareil lorsque je vais lire certains blogs que je ne citerai pas...
Ce que j'écris n'est pas sain du tout et ça me rappelle une anecdote.
Il y a quelques années, dix ans déjà pour tout dire, alors que j'étais étudiant, j'ai dû, mon Dieu comme c'est vulgaire, travailler (pas) pour vivre pendant mes vacances d'étudiant... Pour tout dire, je distribuais des prospectus devant la fac de médecine de Lyon... Ce job alimentaire m'a permis de faire la connaissance de gens un peu cons, mais aussi de personnes d'horizons complètement différents: moi, le juriste, Bruno, l'étudiant en médecine, Alexandra, la paumée (elle m'en voudrait mais elle ne me lira jamais alors...) et Séraphine, la littéraire et mon alter ego féminin, qui est, depuis devenue l'une de mes plus grandes amies.
Même si Séraphine et moi avons ressenti immédiatement ce coup de foudre amical qui n'arrive que très rarement (quatre fois pour l'instant dans ma (plus si) courte vie), nous nous plaisions à fréquenter les deux autres qui nous amusaient beaucoup, voire représentaient un sujet d'étude et d'étonnement pour nous.
Alexandra avait toujours une cigarette dans la bouche et vivait en collocation avec une pompier lesbienne un peu braque. Son look approximatif et ses petits yeux mi-dépressifs mi-amusés nous intriguaient... Il nous semblait toujours qu'elle venait de se réveiller ou que l'un de ses neurones était sur le point d'exploser...
Bruno, quant à lui, étudiant modèle, propre sur lui et certainement puceau, était un garçon plein de questions. Et je pense que Séraphine et moi l'étonnions autant, sinon plus, qu'il ne nous étonnait. D'ailleurs, je pense pouvoir affirmer qu'il en pinçait un peu pour elle, comme la moitié des hétéros qu'elle croisait.
Nous formions un quatuor assez mal assorti mais qui, finalement, fonctionna assez bien pendant un temps... Evidemment Séraphine et moi étions plus mondains, plus volubiles, moins dépendants des deux autres mais il nous était agréable de retrouver les deux autres et de commémorer ces jours où, sous un soleil de plomb, nous distribuions ces prospectus qui nous faisaient rire plutôt qu'autre chose...
... Jusqu'au jour où, alors que nous nous trouvions dans ce que je pourrais certainement qualifier de plus mauvais restaurant indien de la ville de Lyon, Bruno, qui était de plus en plus mal dans sa peau au fur et à mesure que les mois passaient, nous a fixés, Séraphine et moi, avec un air peu expressif et nous a lancé: "vous me déprimez tous les deux parce que vous semblez trop heureux."
Inutile de vous dire que nous n'avons pas du tout apprécié et que nous avons brisé d'un seul coup sec ce petit groupe pour construire notre belle relation bilatérale bien plus enrichissante. Il n'empêche que cette anecdote m'a fait prendre conscience qu'il est dans la nature humaine d'avoir besoin de ressentir le malheur des autres pour se convaincre que, finalement, sa propre vie est belle ou, à tout le moins n'est pas si moche. L'Homme est un loup pour l'Homme disait le vieux Thomas.
Enfin au moins, si vous êtes arrivés jusque-là, cet article pourra vous amener une satisfaction: vous rassurer en vous disant que je suis bien plus chiant que vous lorsque je raconte mes histoires d'ancien combattant...
Je fais les dîners de cons mais je prends très cher!

19:48 Publié dans Blogue me, Blogue moi, Me, Myself and I | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, thomas fersen, les mouches, amitié, spicynico rêve que j'achète mes petits fours chez auchan













Commentaires
Mais c'est bien aussi d'être -re. L'inspiration de l'écriture ne vient pas que lorsqu'on est déprimé.
Ecrit par : Dark Angel | 23.11.2008
Ça marche aussi avec les appartements. En visitant un 4ème étage à Faidherbe Chaligny cet après midi, j'étais super content de retrouver ma grotte.
Ecrit par : EC | 23.11.2008
Vieille peau.
Ecrit par : Chondre | 24.11.2008
Et rien sur le divorce de Madonna ?
Ecrit par : Churchill, stupéfait !!! | 24.11.2008
Je me demande si tu n'as pas la clé de mon syndrome Joëlle Mazard...
Ecrit par : Chickenbaby | 24.11.2008
D'abord, la sagesse n'apporte pas le bonheur.
Moi je me demande si on ne vit pas dans le dépît. Voir même la résignation, et que dans le pire des cas, on se dit que de toute façon...
Ecrit par : buel | 24.11.2008
Je confirme : tu es vraiment beaucoup plus chiant que moi.
Ecrit par : L'Arno | 25.11.2008
@ Dark angel: Est-ce vraiment important d'être inspiré?
@ EC: Que serait une grotte sans ses habitants? ;)
@ Chondre: Truithonneuse!
@ Churchill: Le divorce de qui?
@ Chickenbaby: Toi, tu veux un amour qui vole, non?
@ Buel: Tu veux dire que tu ne crois pas au bonheur? Mais qu'as-tu retenu des leçons de Julie Andrews?
@ L'Arno: Je n'en suis pas persuadé en fait...
Ecrit par : Ditom | 25.11.2008
Moi je lis les blogs de mecs paumés parce que ça me fait rire.
Ce n'est pas que je me moque d'eux, non, non.
C'est juste que je me fous de leur gueule.
Ecrit par : spicynico | 25.11.2008
"Le malheur des uns et le bonheur des autres
Le malheur des uns et le bonheur des autres
On rigole on pleure,
On cherche quelqu'un dans un regard
Le train qui part,
On s'dit au revoir sur le quai d'une gare
Une fille qui pleure au bout du fil, à bout de tout
Au fond d'une cabine téléphonique
Un garçon qui traîne, s'enfile
Dans la ville en chantant imagine
Le garçon plus la fille, le total est égal,
Ca nous est égal …
Le malheur des uns et le bonheur des autres
C'est la même histoire
Un jour c'est blanc, un jour c'est noir,
On s'dit je t'aime
On se sépare sur le quai d'une gare
L'autre jour un taxi m'a dit :
"Pourquoi vous n'essayez pas un autre monde ?"
J'ai dit why not ?
Mais qui est-ce qui pilote ?
Moi j'attends pas la bombe
J'ose pas regarder dans tes yeux,
J'ai peur de me voir dedans
heureux, malheureux
Toi et moi, et vous,
au total, au total ça fait
Le malheur des uns et le bonheur des autres
On rigole on pleure
On cherche quelqu'un dans un regard
Le train qui part,
On s'dit au revoir sur le quai d'une gare
Le malheur des uns et le bonheur des autres
C'est la même histoire
Un jour c'est blanc, un jour c'est noir,
On s'dit je t'aime
On se sépare, sur le quai d'une gare
Mourir à Venise, si tu sais pas nager
Mieux vaut rire à Paris, Paris Texas
En cas de danger, brise la glace"
(c) 1989 Frédéric Chateau - Le Malheur des uns et le Bonheur des autres
Ecrit par : dfromparis | 25.11.2008
@ Spicynico: Depuis quand tu as le sens de l'orientation, toi?
@ Dfp: Marrant, après au moins dix ans sans penser à F. Chateau, j'ai pensé à lui il y a deux semaines en me chantant cette chanson sous la douche... Et j'ai découvert qu'aujourd'hui il écrivait des chansons pour Lorie...
Ecrit par : Ditom | 25.11.2008
Misery does love company!!
Ecrit par : Enguerrand | 26.11.2008
Et si tu partais en vacances prendre une bonne dose de soleil ?
Parfois ça marche, ici la luminosité crasse est si désolante :(
Ecrit par : Steppen | 29.11.2008
moi c'est l'inverse, ce sont les depresso-névro-patho-machin truc gnan-gnan geignards qui me gonflent. Je crois que le bonheur (ou tout au moins la gaité) sont des maladies transmissibles.
Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 04.12.2008
Ouhla, ça devait faire quelques millénaires que je n'étais pas passé ici (ici ou ailleurs, mon p'tit Ditom... pas de boycot particulier :-) !)
Ben 1/, j'ai lu jusqu'au bout, 2/ ct même pas chiant, et 3/ j'ai trouve ça (presque) instructif !
Presque, hein... Je sais qd même qui l'a écrit...
;-))
bisouilles !
Ecrit par : T. | 23.12.2008
Ecrire un commentaire